5 choses que j’ai appris en Afrique et que nous devrions réapprendre | Maigrir Vite et Bien
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5 choses que j’ai appris en Afrique et que nous devrions réapprendre

Moi avec des Masaïs au Kenya. ces gens là en savent bien plus sur la nutrition et la médecine que "nos experts".

Lors de ma première expatriation au Moyen-Orient les anciens m'ont dit à l'époque : "Tant que t'as pas fait l'Afrique t'es pas un vrai expat".

J'avoue que je ne comprenais pas vraiment de quoi ils parlaient à l'époque. Mais j'ai toujours eu confiance en ce que me disent les anciens plutôt que les jeunes de mon âge qui croient tout savoir car ils ont un diplôme.

L'Afrique c'est ce continent qui nous rappellent parfois que nous petits blancs on ne sait pas tout comme on a trop la prétention de le penser.

Plus je passe de temps ici plus je m’aperçois que nous ne sommes pas si "en avance" que ça. Alors bien sûr tout n'est pas rose il y a des coupures de courant, les transports publics sont quasi inexistants, les routes sont dans des états pitoyables mais il y a toujours ces choses qu'on a perdu dans nos sociétés modernes qui donne une "âme" à l'Afrique.

Voici 5 choses qui me font aimer l'Afrique et qui je pense nous devrions apprendre ou réapprendre :

1. Des repas traditionnels et ancestraux

Je suis tombé récemment sur un article de Slate qui parlait du "bouillon d'os" comme boisson de l'hiver ! 

Si vous êtes allés au Kenya et que vous n'avez pas essayé le nyama choma avec la bière locale Tusker, alors vous n'êtes jamais allés au Kenya.

Ironiquement la veille j'étais dans un bar ici au Kenya et avec le nyama choma traditionnel était servi le bouillon. Tout le monde sait ici que ce type de soupe est bourrée de nutriments.

Traditionnellement ils gardent les os et les carcasses et les font cuire pendant des heures afin d'obtenir un bouillon extrêmement riches en nutriments provenant des os et de la moelle.

En France le bouillon était aussi un plat traditionnel mais il est tombé en désuétude pour les cubes qui n'ont de bouillon que le nom.

Autre exemple ce jus dont j'ai oublié le nom, fait à partir de branches et qui soignerai le mal de dos. J'avoue que le goût est un peu spécial (amer) mais on s'y habitue 🙂

Ce type de plats très bons pour la santé ont néanmoins quasiment disparu de notre culture, c'est quelque chose qu'on classe dans les "recettes de grands mères". Personnellement ce n'est pas ce que j'appelle "le progrès".

On fait bouillir les branches pour obtenir une boisson qui soignerait le mal de dos.

2. Manger avec les mains est normal

​Dans notre pays rempli de codes et totalement aseptisé manger avec les doigts est limite vu comme un truc de pauvre et malsain. Attention les méchants microbes vont nous tuer !!!

J'ai été en contact avec ça pour la première fois au Moyen Orient où il y a beaucoup d'Indiens et de Népalais qui traditionnellement mangent avec les doigts.

En petit Français que j'étais je trouvais ça vraiment bizarre. Puis je m'y suis mis petit à petit et je dois avouer que c'est vraiment cool. Ma copine, qui est Kenyane, me voyait galérer notamment avec le poulet et le poisson et me disait d’arrêter de me prendre la tête et d'utiliser "my African fork" (ma fourchette africaine).

Sans nourriture nous ne pouvons survivre. Pourquoi alors placer ces aliments comme quelque chose de "dégouttant" qu'il ne faut surtout pas toucher avec les mains ? Il y a comme quelque chose d'intime de manger avec les doigts. On touche ce qui nous nourrit, ce qui va nous permettre de vivre et il n'y a pas de dégoût à avoir.

Essayez donc de manger avec vos doigts de temps en temps, de casser ces idées rigides. Vous verrez vous ne tomberez pas malade, cela fera moins de vaisselle et ça vous évitera de "manger comme des blancs" qui est le point suivant.

3. On ne mange pas "comme les blancs"

En Afrique à chaque fois que je mange du poisson ou du poulet je ressent cette énorme pression sur mes épaules et cette phrase dans ma tête qui me dit "surtout ne mange pas comme un blanc sinon tu vas te faire critiquer".

"Manger comme un blanc" c'est tout simplement laisser de la nourriture sur les os ou les arrêtes. Et croyez moi mes parents m'ont appris à ne pas gaspiller mais j'étais encore loin d'imaginer qu'il faut que les os soient nikel de chez nikel !

Mais le plus dur est pour le poisson où parfois tout doit être mangé y compris les yeux et la cervelle.

Ils aiment bien nous chambrer la dessus et comme le montre la photo ci-dessous c'est une blague commune.

"Comment les gens mangent le poulet ?" De gauche à droite : comme les blancs, comme les noirs, comme un nigérian, comme un Luyhas (une tribu du Kenyan)

En Juin dernier ma copine et moi étions chez mes parents et nous avons fait un barbecue. Quand elle a vu la façon dont on "nettoyait" les os j'ai cru qu'elle allait faire une syncope. Et c'est vrai qu'en regardant les assiettes de ma propre famille j'ai eu un sentiment de honte.

Je m’aperçois vraiment de l’énorme gâchis que nous réalisons et c'est vrai que ce n'est pas normal.

4. Les insectes ne sont pas tabous

En 2013 je travaillais en Angola et je suis allé en vacance au Zimbabwe. Là bas j'ai mangé le plat de la photo ci-dessous c'est à dire des légumes, la pâte blanche qui est l'équivalent de leur pain et...des chenilles !

Un plat que j'ai mangé au Zimbabwe...la viande était des chenilles.

Une fois rentré, tout fier de moi, je racontais mon aventure à mon assistant Angolais et là il me dit "c'est bien mais tu sais ici on en mange régulièrement. Dans les bidons villes la viande coûte cher donc on mange des insectes on a besoin de protéines".

Croyez-moi c'est le genre de phrase qui vous marque. Quand chez nous on laisse la moitié de la viande sur les os et qu'au simple fait de mentionner manger des insectes on voit le dégoût sur les visages j'ai aussi réalisé que pour certains c'est simplement une question de survie.

En fait c'est près de 2 milliards de personnes qui mangent des insectes dans le monde. Si vous êtes tentés il existe Micronutris, une société Française, qui s'est lancée dans la production et les produits à base d'insectes.

Les chenilles n'étaient pas top top mais les grillons ou les larves sont vraiment bons 🙂

5. La nourriture ne s'achète pas en conserve ou surgelée

J'ai rencontré ma copine quand j'étais au Qatar. J'avais alors un grand congélateur rempli de légumes, viandes/poissons surgelés et mes placards étaient pleins de conserves. Bref rien de bien choquant pour nous.

La première fois que je l'ai invité à dîner j'ai cuisiné du poisson en papillote avec une julienne de légumes. En me voyant cuisiner elle a engagé une conversation qui ressemblait à ça :

Ma copine : "attends ça fait combien de temps que c'est dans ton congel ?"

Moi : "je sais pas 2 ou 3 mois"

Ma copine : "T'es fou je touche pas à ton truc c'est périmé. J'veux pas être malade !"

Scène surréaliste chez nous j'ai pourtant dû lui faire une explication sur la congélation et le fait que ce n'est pas dangereux.

Ce n'est que plus tard quand j'ai déménagé en Angola puis au Kenya que j'ai compris sa réaction. Ici ils utilisent très peu de surgelés ou de conserves. Les légumes ou la viande s'achètent frais et rarement au supermarché. Il y a encore cette culture d'acheter ses aliments au marché.

Un marchand de légumes sur le bord de la route au Kenya. On ne peut pas faire de vente plus directe, les champs sont juste à côté.

Moi même je n’achète presque plus de conserves ou de surgelés depuis que je vis en Afrique. Comme tout le monde je vais chez la "mama mobga" et j'achète mes légumes avec une relation humaine et des sourires plutôt que le bip des codes barres.

Les surgelés ne sont de toutes façon pas forcément adaptés ici car on est jamais à l'abri d'une coupure de courant à durée indéterminée et du risque de tout perdre.


Les points dont je parle dans cet article peuvent nous paraître "bizarre" mais pourtant ils faisaient également parti de notre culture il n'y a pas si longtemps.

Malheureusement, mondialisation oblige, certaines traditions se perdent aussi en Afrique pour faire "comme le monde moderne". Un exemple qui m'agace particulièrement c'est celui de l'huile de noix de coco.

Le Kenya est un pays de noix de coco et on pourrait donc penser que l'huile de coco est majoritaire et utilisée par tout le monde. Pourtant je tombe des nus à chaque fois que j'explique à des Kenyans qu'ils devraient utiliser l'huile de coco et non les huiles végétales comme le maïs ou le tournesol. Les rayons des supermarchés sont remplis de ces huiles mauvaises pour la santé et pure invention du "monde moderne". L'huile de coco est pourtant une huile de choix.

Kenya gros producteurs d'avocats, de noix de macadamia et de noix de coco et pourtant on retrouve dans les rayons des huiles végétales de type maïs et tournesol inventées par les blancs et mauvaises pour la santé !

Aujourd'hui quand j'entends quelqu'un me dire qu'en Afrique ils ont "30 ans de retard" j'ai envie de distribuer des baffes. Dans notre arrogance et notre "avance scientifique" on oublie bien souvent qu'on a perdu une partie de notre héritage alimentaire et culturel.

L'Occident c'est ce jeune diplômé arrogant qui croit tout savoir et qui dénigre ses propres traditions et ses "anciens" jusqu'au jour où il devient ancien à son tour et s’aperçoit que "les anciens" avaient raison. Nous devrions apprendre de l'Afrique plutôt que de la dénigrer.

La réalité c'est que nous sommes de plus en plus déconnectés avec un acte aussi simple et sûrement le plus important de l’histoire de l'humanité : manger !

Si vous êtes Africain ou d'un autre continent laissez un commentaire pour dire ce que les Occidentaux devraient réapprendre.

 

 

  • 9 février 2015
Guillaume
 

Je suis le créateur de MVB. Ma mission est de vous aider à comprendre la nutrition pour atteindre vos objectifs à travers des articles simples, clairs et sans langue de bois. Pour en savoir plus sur moi cliquez ici.

  • Dan dit :

    Salut Guillaume,
    beau plaidoyer pour l’Afrique et surtout beaucoup d’infos pertinentes et un réel dépaysement.
    Merci à toi.
    Salutations
    Dan

    • Guillaume dit :

      Salut Dan,

      Merci. J’adore vivre ici car les mentalités sont différentes. Il y a plein d’autres exemples comme quand on parle d’aliments « bio » ou de « végétarisme » et qu’on te regarde avec de grands yeux style « what the fuck ?! » :).

  • Haydée dit :

    Un article des plus pertinents qui me touche beaucoup. Je dois avoir des origines africaines alors.

    A la maison, chez mes parents j’entends, j’utilisais tous les restes de la famille pour faire une salade de poulet le lendemain. On me disait toujours que je trouvais des choses à manger là où il n’y en avait plus ! Bref à chacun son point de vue…

    Ce qui est injuste dans nos pays industrialisés, c’est la pression sociale. Lorsque tu dévores entièrement ton os (ou presque) ou que tu suces tes arrêtes, tu es tout de suite pris un morfale ou un affamé ou comme une personne ne sachant pas manger correctement.

    Combien de fois ai-je répété :

    « je n’aime pas le gachis »,
    « mais il en reste encore »,
    « oui je mange avec mes doigts mais vous savez la fourchette est née après l’homme »,
    « votre délicatesse ne m’attendra pas »,
    et j’en passe.

    Malgré tout, les personnes qui osent être « différentes » pour leur principe, sont toujours regardées d’un mauvais œil et ont toujours droit à une réflexion dérangeante. C’est triste.

    Lorsque je mange mes poireaux, pas un seul morceau ne va à la poubelle : je viens de faire une soupe avec les queues de poireaux mélangés avec des œufs, façon soupe chinoise : un délice.

    Je lisais l’article en attendant que ça cuise, j’ai bien ri intérieurement. Enfin. Même si ce n’est pas drôle au fond tout ce gâchis.

    J’adhère totalement à la fourchette africaine ! J’aime beaucoup cette expression. Et rien n’est meilleur que lorsqu’il est mangé avec les mains. Ta copine a bien raison 🙂

    Je viens de terminer un guide gratuit dans lequel je parle justement de Micronutris, je lui consacre une page entière. En effet, je prône le fait qu’une entreprise aujourd’hui ne doit pas seulement avoir des choses à vendre mais également avoir une mission. Et Micronutris pense déjà à l’avenir des hommes en 2050. Une entreprise qui a de l’avenir, sans compter qu’elle met en avant le côté écolo de l’élevage des insectes contrairement à celui de la viande.

    Je me dis que toutes ces valeurs perdues reviendront un jour (enfin j’espère). Vivement que le ciel nous tombe sur la tête pour que les gens arrêtent de chipoter :p

    A croire que l’apprentissage de certaines choses fait que l’on oublie certaines valeurs fondamentales. Dont une des valeurs les plus importante qui se situe autour de la bouffe !

    • Guillaume dit :

      Salut Haydée,

      Merci pour ton commentaire j’étais sûr que cet article te ferait réagir 😉

      Malheureusement c’est comme ça on aime pas les gens différents on aime les gens « normaux » qui font comme tout le monde et ne sortent pas du rang.

      Mais d’un autre côté je pense qu’il y a de l’espoir (un peu) car on s’aperçoit que de plus en plus de gens reviennent « aux bases ». Comme par exemple avec la médecine alternative et les huiles essentielles, des recettes de grand mères qui coûtent beaucoup moins cher que les produits industriels dangereux ou encore la nutrition bien sûr mais là le souci c’est que quand on s’aperçoit qu’on a mangé de la merde toute sa vie c’est difficile de le reconnaître, mais ça va venir.

      En revanche pour la fourchette Africaine je pense que ça va prendre plusieurs millénaires en France…ça serait pas un mal pourtant car ça empêche les gens de jouer avec leur smartphone pendant les repas…mais ça c’est un autre débat qui m’agace fortement !

  • Annajo Janisz dit :

    Mon séjour en Birmanie, où j’ai vécu et travaillé plusieurs mois, n’a rien eu de semblable à celui d’un touriste occidental lambda, dans une chambre d’hôtel tout confort (et qui plus est, hors de prix). Les fréquentes coupures d’électricité, les seaux à remplir d’eau, puisée dans la petite réserve d’eau de pluie située en bas, puis les remonter jusqu’au 4è étage où j’habitais, tout ça m’a fait bien redescendre sur terre et considérer à quel point nous considérons pour acquises des choses qui, dans le reste du monde, sont juste impensables, inimaginables.

    Alors, on commence à s’organiser autrement. Et à organiser nos pensées autrement. On découvre les petits marchés disséminés partout dans la ville, on ne congèle plus (ça coûte cher un frigo, et avec les coupures de courant, c’est juste ridicule d’en avoir un). On goûte vraiment ce qu’on mange puisqu’on le touche. On établit un contact avec ce qui nous nourrit. Et on apprécie de le faire.

    Merci pour ton partage Guillaume. C’est ce genre d’article qui pousse à la réflexion et nous force à enlever nos œillères. Et c’est vraiment pas plus mal.

    • Haydée dit :

      C’est sûr, les fourchettes ne sont pas prêtes de disparaître dans la nature ! Malgré tout je ne remet pas complètement en question leur aspect pratique.

      Si tu trouves un angle sympa autour des smartphones, je serai ta première lectrice. 🙂 En Albanie, nous avons beaucoup souffert du manque d’attention des jeunes lorsque nous leur parlions. A Elbasan en particulier, ils étaient tous rivés sur leur téléphone quel que soit la conversation, à tel point que nous avons arrêté de leur parler au bout d’un mois. A quoi bon, ils se foutent totalement de ce que tu leur racontes… et n’ont rien à dire au passage. 🙁

      Pour ma part, je n’ai pas de téléphone et Tony n’utilise pas le sien. Le monde nous oblige à en avoir un puisque de nombreux codes sont envoyés par sms lorsqu’on s’inscrit sur un site, notre banque, nos comptes Gmail, etc.

      • Guillaume dit :

        Le problème de la thématique du smartphone c’est que ça n’a aucun rapport avec mon blog 🙂

        Mais c’est clair que c’est un fléau ce truc. J’ai eu un smartphone pendant 6 mois, j’ai du le lâcher car t’es toujours dérangé pour des trucs totalement improductif et tu dépends trop de la batterie. En plus comme tu dis les gens sortent ensemble et passent le nez sur l’écran…euh les gars le contact social il est où ? Au Moyen Orient ils ont atteint des extrêmes sur ce point !

        Du coup j’ai pris un téléphone multi-sim avec une batterie qui dure 1 à 2 semaines et j’suis pas emmerdé pour rien. Puis quand j’ai rien à faire je regarde autour de moi, je pense ou je parle à la personne à côté de moi…mon dieu du contact humain !!! Je sais c’est terrible mais je trouve ça bien plus intéressant que de jouer à Candy Crush et d’atrophier mon cerveau.

    • Guillaume dit :

      Salut Annajo,

      Merci pour ton commentaire. Je crois que les gens ne réalisent pas la chance d’avoir de l’électricité, de l’eau et tout le confort moderne en continue.

      Le problème c’est que seul les gens qui voyagent peuvent comprendre ça (je parle pas de ceux qui partent une fois par an avec une valise grosse comme un semi-remorque où on peut mettre 10 backpack dedans).

      Comme je dis souvent quand je rentre en France, j’ai appris plus en quelques années de voyages qu’en plus de 25 ans en France.

      • Annajo Janisz dit :

        Absolument. Le voyage est la meilleure des écoles (je dis toujours ça). Ce qui est bien avec les mots, en faisant venir les gens dans nos univers et en partageant cela avec les lecteurs, on fait réaliser quand même des choses. À moindre échelle sans doute, mais on fait germer dans l’inconscient de ceux qui lisent la petite graine de la réflexion. Les mots et les images, utilisés à bon escient, font voir sous un autre angle. C’est pour ça que j’écris. C’est pour ça que tu nous fais partager ton expérience. Et que tu fais germer la graine à l’intérieur des gens.

  • Fafa dit :

    Bravo pour cet article! Ton article est très intéressant et j’aime beaucoup la position que tu prends, notamment sur le fait de ne pas gaspiller de la nourriture en rongeant les os ( c’est toujours la bataille avec mon homme qui jette la moitié d’une cuisse de poulet à chaque fois grrr), et sur le fait de manger avec les mains, car non la nourriture ce n’est pas sale ni dégoutant…
    Ceci dit tout dépend aussi des classes sociales, j’ai vécu 3 ans au Nigéria, et je suis au Congo depuis bientôt 6 mois, il y a une classe moyenne et une classe très aisée qui ont emergées ces dernières années, et ils consomment comme les occidentaux. Je dirais même qu’il y a surconsommation, les frigos et les congélateurs sont dans les standards américains. Les supermarchés sont de plus en plus grands, mais les rayons bio se font tout petits, et je te dis pas la qualité de la viande (100% élévés aux hormones) … J’ai remarqué qu’on utilisait aussi un peu trop d’huile par ici, tu sais cette huile rouge, on m’a dit que c’est de l’huile de palme mais bon à confirmer je n’en suis pas certaine…

    C’est consommé en grande quantité, même quand tu commande du riz nature dans une gargotte, le riz baigne dans de l’huile c’est assez affolant… Et quand je vais au marché public acheter mes légumes, vers 10h 11h tous les vendeurs mangent une sorte d’achards ( chou et carottes rapés) mais qui baigne dans une grande quantité de mayonnaise. Ma vendeuse me dit que ce n’est pas son repas mais son goûter…
    Donc voilà, oui il y a des choses à apprendre des africains, mais pas tout évidemment. Ca n’empêche que je raffole des plats traditionnels ici, j’essaye même d’en cuisiner ^^ et que c’est un réel plaisir d’acheter fruits et légumes au marché à bas prix et en plus ça au moins c’est bio!

    • Guillaume dit :

      Salut Fafa,

      C’est bizarre j’ai jamais vu cette huile rouge. En même temps ce continent est tellement gigantesque que c’est différent partout.

      Je fais le même constat que toi ici par rapport aux classes moyennes et aisées. Plus ils sont riches, plus ils achètent d’équipements, de voitures etc… et généralement ils sont plus gros et malades.
      Après vu les pays que tu as fait je me doute c’est relatif au pétrole et malheureusement partout où il y a du pétrole c’est du n’importe quoi. Trop d’argent circule, beaucoup d’expats et donc le mode de vie qui va avec. Et clairement je ne suis pas sûr que l’Occident soit le modèle à suivre.

  • Jocelyne dit :

    Bonjour,

    Très bon article.

    Mon ex-mari est nigérian, mais il mange les os comme un noir (d’après la photo), MDR, ce qui n’est déjà pas mal. Et il préfère bien entendu manger avec les doigts. Moi j’ai toujours du mal, quand on est petit on nous l’interdit…

    La première fois qu’on lui a dit que l’huile de palme est mauvaise pour la santé (pas moi !), et présenté de l’huile de palme dénaturée, il a répondu « mais l’huile de palme est rouge, pas comme ça ».

    Je suis née dans les années 60, dans mon village les autres avaient l’eau courante, nous nous étions assez pauvres, et nous devions tirer l’eau du puits, dans des seaux, donc dehors, se laver dans un grand baquet vert, après avoir chauffée l’eau sur la cuisinière, et ma grand-mère allait encore au lavoir….J’ai moi-même lavé mon linge à la main jusqu’à 25 ans, car pas « prête » pour acheter une machine à laver. D’ailleurs encore aujourd’hui, je tarde toujours à acheter un lave-vaisselle (…).

    Le plus dur c’était les chambres sans chauffage, le seul chauffage était la fameuse cuisinière et la cheminée près de laquelle tout le monde se tenait, puis on allait dans sa chambre avec des « bouillottes » (le plus souvent des briques enveloppées de papier journal).

    Je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières, je ne suis pas morte de cette vie là, on allait chercher le lait à la ferme, on buvait donc du lait cru qui ne m’a jamais fait mal, alors que le lait en briques UHT me fait le plus grand mal…

    Ce qui était le plus dur, c’était le froid, en Afrique il n’y a pas ce problème là. Pour ce qui est de l’huile montrée sur la photo du supermarché, cela me rappelle la phrase de mon ex-mari qui me disait « les blancs savaient faire plein de choses », et en Afrique (au Nigéria en tous cas) c’est à celui qui aura la dernière voiture européenne, le dernier smartphone, les vêtements de marque, etc…et ma réponse qui était : « non, tout n’est pas bon, vous avez oublié en Afrique que vous saviez soigner avec les plantes, et manger selon des principes ancestraux, il ne faut pas copier les blancs sur tout ». Et il m’a dit « oui, c’est vrai ».

    • Guillaume dit :

      Merci Jocelyne pour ce témoignage.

      Ton dernier paragraphe résume exactement le message que je voulais faire passer. Non l’Occident n’est pas un modèle qu’il faut suivre absolument. Malheureusement la plupart (surtout les jeunes) veulent faire comme les Occidentaux et ils s’éloignent de plus en plus de leurs traditions. ça me rend triste…

      Pour le coup de la machine à laver j’approuve. Cela aurait été inimaginable il y a quelques temps mais ça fait maintenant plus d’un an que je m’en passe et je trouve ça beaucoup mieux !

  • Seb dit :

    et oui en Afrique ils ont leurs codes et nous avons les nôtres. On ne peut pas reprocher à un européen de manger avec une fourchette et de ne pas manger des insèctes, le but c’est de retourner au Néandertal ?
    Faut quand même avoir le temps d’aller chercher de l’eau avec les seaux, aller tous les jours au marché acheter à bouffer et de travailler.
    Par contre je te rejoins sur les smartphones ô combien pratiques dans nos sociétés modernes mais ô combien casse couilles, mais malheureusement aujourd’hui cela est indispensable, pour le boulot.

    • Guillaume dit :

      Salut Seb,

      Je pense que tu n’as pas saisi le message que je voulais faire passer. Je ne dis pas qu’il faut blâmer les européens car ils mangent avec des fourchettes, ici aussi on utilise des fourchettes, des cuillères et des couteaux. je dis simplement que nos codes « d’hygiène » sont un peu surfait et qu’il n’y a rien de dégoûtant à utiliser ses doigts.
      Après l’Afrique c’est pas le Neandertal c’est évolué contrairement à ce qu’on pense. Mais pose toi la question sur ta phrase qui dit qu’on a pas le temps : est-ce qu’une société où l’on a même plus le temps d’avoir le temps c’est vraiment le progrès ?

      • Seb dit :

        Faut pas oublier de se laver ses mains, les virus en Afrique ça court. C’est évolué mais il manque des choses basiques que l’on trouve dépaysante pendant un temps mais qui après deviennent chiantes. C’est vrai qu’on ne se rend plus compte des choses que nous avons dans les pays dits industrialisés, comme le fait d’ouvrir le robinet et d’avoir de l’eau potable en quantité avec de la pression, de pouvoir avoir instantanément de l’eau chaude, j’en sais quelque chose au Brésil c’est la même chose. Mais comme il a été commenté sur Facebook, le traitement des ordures est presque inexistant. Chaque société a du bon. Tout le monde aimerait avoir le temps d’avoir du temps, mais vivre de la cueillette de la pêche et de la chasse c’est pas donné à tout le monde et il est trop tard pour nous. Nous avons goûté au monde moderne, c’est comme les amérindiens en Guyane, qui partent à la civilisation pour étudier et qui reviennent au village ensuite, il y a un fort taux de suicide une fois privé du monde moderne, ils ne retrouvent pas leur place, mais c’est un autre débat.

  • Jocelyne dit :

    Merci Guillaume, Bonjour Seb,

    Ce que j’ai voulu transcrire dans mon témoignage, ce n’est pas qu’il faille manger avec une fourchette ou non, avoir un smartphone ou non, (j’en ai un), mais plutôt que les africains (et d’autres), oublient leurs pratiques qui étaient très bonnes pour copier les blancs ou en tous cas les européens, qui n’ont pas vraiment la science infuse, surtout au niveau alimentaire…..

    Retourner au Néanderthal ? non, pas forcément, quoique pour le régime paléo, oui, enfin s’en approcher le plus possible, sachant que les plantes ont tellement évolué. :)).

    Je précise que je suis née en France, et que j’allais chercher l’eau au puits, et le lait à la ferme, et que ça ne m’a pas tuée. Je ne le fais plus, par contre si demain on se trouve dans une situation de crise extrême, je retrouverai les gestes qui permettent la survie, car je les ai déjà vécus. Il y a quelques temps, j’étais dans un endroit sans douche, qu’à cela ne tienne, j’ai fait chauffer de l’eau, je l’ai mise dans un seau de 10 l, je suis entrée dans un grand baquet vert, et je me suis douchée en me mouillant le corps à l’aide d’un pichet plongé dans le seau, savonnée et rincée, et voilà, j’avais retrouvé mes réflexes d’autrefois. Combien de personnes seront « paumées » sans douche à leur portée ? Je dois prête pour Koh Lanta, MDR.

    Il faut arriver à trouver des compromis, tout en n’oubliant pas les gestes ancestraux.

    Si on ne peut pas faire le marché tous les jours, on peut au moins y aller 1 ou 2 fois par semaine, c’est déjà mieux, ou bien s’approvisionner chez les producteurs, et même, comme je l’ai fait, se faire livrer un panier de légumes directement au boulot ! si c’est pas beau ça !

    Il faut trouver des solutions adaptées à son budget et à son rythme de vie, et pas forcément, quand on a des bases saines vouloir copier le mode de vie du voisin.

  • Seb dit :

    pas commode la douche dans un baque dans un appart, mais pourquoi pas, j’ai un pote comme ça en Guyane, qui vivait dans un garage en hamac pendant des années, douche froide tous les jours ( heureusement il fait chaud, puis il a habité dans une barge au bord du fleuve, moustique garantie, douche ouverte et a l’eau du fleuve et il chiait aussi dans le même fleuve. C’est Space mais j’admire son côté roots et différents de notre société moderne.
    Par contre quand tu me parles de marché sa me fait penser que j’ai lu un article dernièrement sur le fait que les fruits d’aujourd’hui sont extrêmement pauvres en vitamines comparé à 50 ans en arrière, voire même inexistantes, ça donne envie de manger des fruits, le rapport était quand même de 1 à 50 dans l’article.
    Je pense qu’il est important de montrer a nos enfants ce qu’est la vie en dehors du monde moderne qu’ils prennent conscience de la fragilité de ce que nous avons.

  • Demel dit :

    Bonjour,

    je suis d’accord avec vous sur tous les points de cet article. je suis Africain, de nationalité ivoirienne et je ne cesse depuis des années à faire comprendre aux jeunes africains que tout n’est pas à copier chez les européens ou occidentaux.

    Concernant l’anecdote sur les os, j’en ai une. il y a 17 ans, j’étais venu poursuivre mes études en France. lors d’une sortie entre copains étudiants, j’avais mangé les os du poulet jusqu’à les broyer. la nourriture était bonne, mais surtout cette façon de manger venait de mon éducation. c’était un plaisir ( je me devais d’en profiter. lol) et surtout montrer, par cette action, que ceux qui avaient fait la cuisine avaient fait quelque chose d’exquis! une façon de leur dire « merci ». Mais surprise, j’étais devenu un objet de spectacle, la risée de tout le monde.

    quelques mois après, j’étais invité par un copain de la bande, dans sa famille. Il y avait au menu, de la dinde.

    A table, en compagnie de toute la famille (parent, cousins, petite amie) j’ai mangé les os « correctement » c’est-à-dire comme les « blancs ». j’avais passé une journée géniale à découvrir les français et leur culture.

    mais surprise, la semaine qui a suivi l’invitation de mon pote de fac, j’allais apprendre par ce dernier que « toute la famille attendait que je mange les os comme lors de notre sortie entre étudiants ». il m’a dit: « je me suis sentis ridicule parce que mes parents pensaient te voir manger les os ». et je lui ai répondu en riant aux éclats « tu aurais dû m’en parler, je me serais préparer en conséquence ».

    Voilà, votre article m’a rappelé ce petit souvenir de mes débuts en France. un souvenir assez marrant. merci encore pour cet article

    • Guillaume dit :

      Salut Demel,

      Génial ton commentaire j’adore !
      C’est triste que tu ais été la risée en France. Quand j’ai lu que tu broyais les os j’ai cru que tu allais dire que c’est parce que tu manges la moelle. J’avoue qu’ici je mange parfois la moelle que je mange de la chèvre ou autre mais à chaque fois j’imagine la tête des gens en France s’il me voyais sucer les os comme ça 🙂 Et pourtant c’est hyper nutritif.

      Petite question est-ce que tu vis encore en France aujourd’hui et si oui est-ce que tu as gardé tes traditions ou tu les as abandonné au profit des codes Français ?

  • Demel dit :

    Salut Guillaume,

    ah la viande de chèvre au Kenya , le fameux nyama choma, accompagné de maîs, de bananes plantains et de matoke.:)

    j’en conviens, tu serais effectivement la risée des gens en France!:)

    Je suis revenu en France pour les besoins professionnels.
    Mais rassures-toi, j’ai gardé mes traditions. Ce n’est certes pas facile dans un tel environnement, mais j’essaie, autant que faire se peu, de trouver un équilibre entre les deux cultures.

  • Jean-Michel dit :

    Bonjour, je suis tout-à-fait d’accord avec toi, je suis en contact, avec mon fils africaine depuis 5ans, et je complètement changer ma façon de vivre, étant au chômage , je abandonner ma voiture, je fait tout me déplacement à pied, je marche pied nu, le plus possible , je cours, je manger comme on manger il n’y a pas si longtemps ici, pas de gaspillage, produit du jardin, et je me suis jamais sentir autant en forme . Il me tarde de partir rejoindre ma nouvelle familles africaine Telemant se monde occidental et devenu triste, merci pour se récit

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